• RDC : Fin des contrats déséquilibrés avec la Chine, place à la transformation locale et à l’industrialisation
  • Le Lithium Congolais : La Mine qui Pourrait Changer le Visage de l’Afrique dans la Course aux Métaux Critiques
  • Souveraineté minière : Le Conseil des ministres crée une réserve nationale de substances minérales stratégiques
  • 300 millions USD de dettes impayées : le FPI au bord de l’asphyxie, le gouvernement réagit
  • Classement des banques en Afrique centrale : Présence massive de la RDC, mais souveraineté limitée sur les décisions stratégiques

Le gouvernement a adopté, lors de la 86ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 10 avril 2026 à Kinshasa sous la présidence du Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi, un important projet de décret portant institution d’une réserve stratégique des substances minérales stratégiques, dont la gestion est confiée à l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS)Présenté par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, ce texte vise à permettre à l’État congolais de constituer et de gérer un stock national de minerais critiques, afin de mieux contrôler leur commercialisation, de stabiliser les marchés en période de forte volatilité des prix et de renforcer la position stratégique du pays sur la scène internationale, particulièrement dans le contexte de la transition énergétique mondiale.Les substances concernées par cette réserve stratégique incluent principalement des minerais tels que le cobalt, le lithium, le germanium, le coltan et d’autres métaux considérés comme essentiels pour les technologies modernes (batteries électriques, énergies renouvelables, électronique avancée).
 
L’objectif est de constituer un stock suffisant qui permettra à l’État d’intervenir sur le marché en cas de besoin : soit pour réguler l’offre et éviter les effondrements de prix, soit pour sécuriser l’approvisionnement national et international dans des périodes de tension géopolitique ou de forte demande. Ce décret s’accompagne d’un second texte adopté lors de la même réunion : un projet de décret modifiant le décret n°19/16 du 5 novembre 2019 relatif à la création, à l’organisation et au fonctionnement de l’ARECOMS. Ces modifications visent à renforcer les capacités opérationnelles, les missions de contrôle, de supervision et de régulation de l’Autorité, afin qu’elle puisse exercer efficacement sa nouvelle responsabilité de gestion de la réserve stratégique. Selon les explications du ministre des Mines, cette initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement de reprendre davantage la main sur la chaîne de valeur des minerais stratégiques, de la production à la commercialisation.
 
Elle permettrait à l’État de mieux valoriser ces ressources, de lutter contre la fuite des capitaux liée à l’exportation brute et de favoriser une transformation locale progressive. La réserve stratégique est également vue comme un outil de souveraineté économique, permettant au pays de mieux négocier sur les marchés mondiaux face à la concurrence internationale accrue pour ces minerais critiques. L’ARECOMS, déjà chargée de réguler et d’assainir les marchés des substances minérales stratégiques, se voit ainsi confier une mission élargie. Elle devra mettre en place les mécanismes de constitution, de stockage, de rotation et de commercialisation de cette réserve, dans un cadre transparent et conforme aux normes de bonne gouvernance. Cette décision intervient dans un contexte où la RDC, premier producteur mondial de cobalt, cherche à maximiser les retombées de son sous-sol tout en répondant aux exigences internationales en matière de traçabilité, de durabilité et de responsabilité environnementale et sociale. Elle complète d’autres mesures déjà prises ces dernières années, telles que le renforcement du contrôle des exportations de cobalt ou la promotion de la transformation locale.
 
Les observateurs estiment que la mise en œuvre effective de cette réserve stratégique nécessitera des investissements importants en infrastructures de stockage sécurisé, en logistique et en capacités techniques au sein de l’ARECOMS. Le gouvernement devra également définir clairement les volumes à stocker, les critères d’achat et les règles de mobilisation de ces stocks pour éviter tout risque de mauvaise gestion ou de spéculation.Cette adoption intervient au moment où d’autres dossiers économiques et sociaux occupent le devant de la scène : les créances en souffrance du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) estimées à 300 millions USD, les discussions sur une possible hausse du prix de l’eau pour redresser la REGIDESO, ou encore la motion de défiance déposée à l’Assemblée nationale contre le vice-Premier ministre Jacquemain Shabani sur les questions de sécurité. Le Conseil des ministres a demandé au ministre des Mines de veiller à la mise en œuvre rapide et efficace de ces deux décrets, une fois promulgués. Leur entrée en vigueur devrait permettre à l’État congolais de disposer d’un nouvel outil puissant pour défendre ses intérêts dans le secteur minier stratégique, pilier essentiel de l’économie nationale.
 
Patrick Kiwewa

 

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À partir du 9 avril 2027, le dollar américain et les autres devises étrangères en espèces seront interdits pour toutes les transactions en République démocratique du Congo. C’est l’une des mesures phares annoncées ce jeudi 9 avril 2026 par la Banque Centrale du Congo (BCC) à l’issue de la réunion du Comité de Politique Monétaire présidée par le gouverneur André Wameso. Concrètement, à compter de cette date, aucune personne physique ou morale ne sera autorisée à effectuer des paiements ou des transactions en espèces en monnaies étrangères (dollar, euro, etc.), quel que soit le montant.
 
Toutes les opérations en devises devront obligatoirement se faire par voie scripturale, via les virements bancaires, les cartes ou les solutions de paiement électronique. Parallèlement, les banques commerciales perdront le droit d’importer physiquement des billets en devises étrangères ; la BCC en détiendra désormais l’exclusivité. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de dédollarisation progressive de l’économie congolaise. Elle vise à renforcer l’usage du franc congolais (CDF), à mieux contrôler les flux financiers, à lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, tout en modernisant le système de paiements.
 
La mesure entrera en vigueur exactement dans un an, laissant ainsi un délai de préparation aux acteurs économiques et à la population. Cette réforme, qualifiée d’historique par plusieurs observateurs, marque un tournant majeur dans la politique monétaire de la RDC, où le dollar circule largement en parallèle de la monnaie nationale depuis de nombreuses années.
 
Patrick Kiwewa

 

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Lors de la 79e réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 20 février 2026 au Palais de la Nation, le président de la République Félix Tshisekedi a donné des instructions fermes pour lancer un audit complet et global de l’état liquidatif de la paie des agents et fonctionnaires de l’État.Cette décision intervient dans un contexte marqué par des retards répétés dans le versement des salaires au début de l’année 2026, des tensions persistantes sur la trésorerie publique et une masse salariale qui continue de gonfler de manière incontrôlée. Le chef de l’État a souligné l’urgence de maîtriser cette dépense, qui représente l’une des plus importantes lignes budgétaires, alimentée notamment par l’intégration massive de nouvelles unités sans vérification rigoureuse des effectifs réels ni mécanismes fiables de contrôle.Selon le compte-rendu du porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya, l’audit vise plusieurs objectifs clés :
  • Identifier les anomalies : doublons, agents fictifs (fantômes), numéros matricules incorrects ou multiples, erreurs de calcul, paiements indus ou décalages entre les listes budgétaires et les effectifs réels.
  • Garantir la soutenabilité des finances publiques et la régularité des paiements salariaux futurs.
  • Protéger les agents légitimement engagés contre les dysfonctionnements du système, sans fragiliser les droits acquis.
  • Restaurer la crédibilité budgétaire et préserver les marges de manœuvre de l’État face à une spirale salariale qui risque d’étouffer d’autres priorités.
Le président Tshisekedi a insisté sur le fait que cet exercice n’est pas punitif mais correctif, visant à assainir durablement la paie pour éviter que les irrégularités ne continuent à peser sur le Trésor public. Des audits antérieurs (notamment ceux menés par l’Inspection générale des finances en 2023) avaient déjà révélé des pertes massives — estimées à près de 800 millions de dollars par an — dues à des fraudes similaires, avec des dizaines de milliers d’agents fictifs ou multi-identifiants.Cet audit, qui devrait être conduit dans un délai relativement court (certaines sources évoquent un objectif de 30 jours pour une première phase sur l’état liquidatif), s’inscrit dans la continuité des efforts de rationalisation des dépenses publiques et de lutte contre la mauvaise gouvernance. Il intervient alors que le gouvernement fait face à des pressions accrues sur les ressources, dans un environnement économique marqué par les besoins en sécurité, en infrastructures et en transition énergétique.
 
Alain Lusanga

 

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La Banque Centrale du Congo (BCC) et la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) ont signé, le 28 février 2026 à Kinshasa, un protocole d’accord de coopération stratégique visant à renforcer la régulation bancaire, la stabilité financière et l’intégration monétaire en Afrique centrale.Cet accord, paraphé par le gouverneur de la BCC André Wameso et son homologue de la BEAC Yvon Sana Bangui, a été conclu en marge des travaux du Comité sous-régional Afrique centrale de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA), organisés du 25 au 27 février 2026 dans la capitale congolaise.Selon les communiqués officiels, le partenariat couvre plusieurs domaines prioritaires :
  • Régulation et supervision bancaire : échanges d’expertises, harmonisation progressive des normes prudentielles et convergence des pratiques de supervision pour mieux encadrer les institutions financières.
  • Systèmes de paiement : modernisation, sécurisation et interopérabilité des infrastructures de paiement, y compris pour les transactions transfrontalières, afin de fluidifier les échanges économiques entre la RDC et la zone CEMAC.
  • Lutte contre le blanchiment de capitaux (LBC), le financement du terrorisme (FT) et la prolifération des armes de destruction massive (FP) : renforcement des dispositifs de conformité et de partage d’informations.
  • Cybersécurité : protection accrue des systèmes financiers face aux menaces numériques croissantes.
  • Inclusion financière : promotion de l’accès aux services bancaires, notamment via les innovations numériques.
  • Stabilité monétaire et financière : coordination face aux chocs externes, maîtrise de l’inflation, soutenabilité des finances publiques et résilience du secteur bancaire.
Les discussions ont également porté sur la convergence macroéconomique, l’harmonisation des cadres de politique monétaire et la coordination régionale pour atténuer les vulnérabilités liées aux fluctuations des matières premières, aux chocs climatiques et aux tensions géopolitiques.Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a souligné que ce protocole vise à « renforcer la coopération en matière de régulation bancaire, systèmes de paiement, lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, cybersécurité, inclusion financière et stabilité monétaire ». De son côté, la BCC voit dans cet accord « une étape supplémentaire vers une intégration monétaire et financière plus approfondie au sein de la sous-région », sans préciser pour l’instant les modalités concrètes d’implémentation (comités techniques, échanges d’experts, formations communes, etc.).Cet accord marque un tournant symbolique : la RDC (hors CEMAC mais voisine et interconnectée économiquement) et la zone CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, RCA, Tchad) renforcent leurs passerelles techniques avant toute intégration monétaire plus formelle. Il s’inscrit dans une dynamique régionale plus large (ABCA, initiatives de l’Union africaine sur les paiements transfrontaliers) et répond aux défis communs comme la digitalisation accélérée des paiements, les risques cyber et les pressions inflationnistes.
 
Patrick Kiwewa

 

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Jean-Michel Sama Lukonde, Premier ministre de la RDC, prend part à la 30è édition de l’African Mining Indaba, une conférence sur l’investissement minier en Afrique et dans le monde. Ces assises ont commencé ce lundi 5 février et vont se poursuivre jusqu’au 8 février prochain  au Cap Town, en Afrique du Sud.

Devant plusieurs partenaires dont le président sud-africain Cyril Ramaphosa, le chef du gouvernement congolais  a rappelé la détermination de la RDC de développer et diversifier son économie par la transformation sur son sol des ressources minières marchandes, pour répondre aux problématiques de l’économie verte, orientée vers la réduction du risque du réchauffement climatique. 

« La RDC est ouverte à tout partenariat susceptible, (dans le cadre de la coopération bilatérale ou multilatérale), de l’accompagner dans la recherche, l’exploitation et la transformation au niveau local des minéraux de la transition énergétique. Nous ne le dirons jamais assez, notre pays s’offre à l’humanité toute entière comme un “pays solution” au défi du réchauffement climatique de la planète et la “meilleure destination” des investissements pour la fabrication des batteries et des véhicules électriques », a expliqué Sama Lukonde. 

Pour attirer les investisseurs présents à ces assises vers la RDC, le chef du gouvernement congolais s’est attelé sur une étude récente de Bloomberg New Energy Foundation (Bloomberg NEF), un cabinet d’étude de la transition énergétique. Selon cette étude,  l’installation d’une usine de 10.000 tonnes de précurseurs de batteries Manganèse – Nickel – Cobalt coûte 117 millions USD aux USA, 112 millions USD en Chine et 65 millions USD en Pologne, alors qu’elle ne coûterait que 39 millions USD en République démocratique du Congo d’après la même étude.

Lors de la dernière conférence mondiale sur le climat à Dubaï (Cop 28), les représentants de plusieurs pays étaient tombés d’accord d’abandonner au fur et à mesure les combustibles fossiles dont le pétrole, le charbon et le gaz naturel pour limiter les dégâts du réchauffement climatique et ses conséquences désastreuses sur l’humanité. 

La RDC présente donc une opportunité d’affaires dans le domaine de la transition énergétique, en raison de ses ressources minières, a commenté  la cellule de communication de la primature. 

Bruno Nsaka / actualite.cd

 

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