• RDC : la future Bourse de Kinshasa, entre ambition minière et souveraineté économique
  • Le tungstène exporté par le Rwanda provient en réalité majoritairement de l’Est de la RDC
  • États attractifs : Aliko Dangote snobe la RDC malgré son potentiel énorme
  • Julien Paluku : un plan audacieux pour multiplier par cinq le budget de la RDC et atteindre 100 milliards de dollars en dix ans
  • L’Allemagne en RDC : un partenaire minier engagé pour une exploitation responsable et durable

La République démocratique du Congo, l’une des plus grandes économies africaines et premier producteur mondial de cobalt, s’apprête à se doter de sa première place boursière. Après des décennies d’attente, le projet de Bourse de Kinshasa avance à grands pas en 2026. Ce marché organisé permettra enfin l’émission et la négociation de titres financiers dans un pays jusqu’ici dépendant presque exclusivement du crédit bancaire, des financements publics et de l’aide internationale.
 
Le projet de loi relatif aux marchés financiers et à la création de la Bourse de Kinshasa a été approuvé en Conseil des ministres le 18 avril 2025. Adopté par l’Assemblée nationale au début du mois de juin 2026, il a ensuite été défendu devant le Sénat le 11 juin 2026 par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi. Le 24 juillet 2026, le Sénat l’a adopté à l’unanimité lors d’une séance plénière de la session extraordinaire. Le texte, voté en termes légèrement différents par les deux chambres, a été transmis à la Commission mixte paritaire pour harmonisation avant sa promulgation par le Président de la République. Cette loi, attendue depuis près de dix ans, crée le cadre juridique moderne indispensable. Elle prévoit une Bourse des valeurs mobilières pour l’émission et la négociation d’actions, d’obligations et d’autres instruments financiers, ainsi qu’une Bourse des marchandises dédiée aux produits agricoles, miniers et industriels. Elle institue également une Autorité des marchés financiers, établissement public chargé de réguler, surveiller et garantir la transparence des opérations tout en protégeant les investisseurs.
 
Le 18 juin 2026, le gouvernement congolais a signé un protocole de coopération avec la Société financière internationale, branche du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. L’accord porte sur le développement du cadre réglementaire, la mise en place des infrastructures de marché, le renforcement des capacités des acteurs, le partage de connaissances, l’élargissement de la base d’investisseurs et l’accompagnement des premières opérations.
 
La Bourse de Kinshasa vise à dynamiser le marché des capitaux, mobiliser l’épargne nationale et internationale, et offrir aux entreprises, y compris les PME, aux banques et éventuellement à l’État une alternative au crédit bancaire pour financer des investissements de long terme. Dans un contexte de forte dollarisation de l’économie, la bourse sera bicourante dès son lancement, avec des cotations possibles en francs congolais et en dollars américains. À terme, les autorités espèrent favoriser une plus grande utilisation de la monnaie nationale. Le secteur minier est clairement ciblé en priorité. La flambée de la demande mondiale en cuivre, cobalt et lithium, stimulée par la transition énergétique et les besoins liés à l’intelligence artificielle, place la RDC au centre de l’attention des investisseurs. Les sociétés minières devraient figurer parmi les premières cotations, avec un pipeline d’introductions en bourse envisagé dans d’autres secteurs. Le lancement opérationnel est envisagé dès 2027.
 
La création de cette bourse s’inscrit dans une vision plus large de modernisation économique et de souveraineté financière. Elle doit permettre de canaliser l’épargne vers des investissements productifs, de renforcer l’attractivité du pays et de positionner Kinshasa comme un hub financier potentiel en Afrique centrale. Des défis subsistent cependant : une culture boursière encore limitée, un nombre restreint d’entreprises prêtes à se coter rapidement, la nécessité d’améliorer la qualité de l’information comptable et de bâtir une confiance durable chez les investisseurs. La réussite dépendra de la solidité du cadre réglementaire, de la crédibilité de l’autorité de régulation et de la profondeur de la base d’investisseurs. En adoptant ce cadre législatif et en s’associant à l’IFC, la RDC franchit une étape décisive. La future Bourse de Kinshasa ne se contente pas de combler un vide historique : elle ouvre la voie à une économie plus diversifiée, plus transparente et mieux intégrée aux marchés de capitaux africains et internationaux.
 
Nadine Kibau

 

Infos en vidéo

1 USD = 2 312,6793 CDF (source: BCC)


Convertisseur de monnaie










Montant:
De:
à:



A la une

RDCF Météo

Les plus lus

Taux de croissance

11394 vues
Les prévisions de croissance économique 2015 de la RDC ont été revues à la baisse: 8,4% contre 10,...