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M. Emmanuel Pinto-Moreine, économiste en chef de la Banque mondiale en RDC, a affirmé  au cours d’une communication aux étudiants des Universités et Instituts supérieurs de Kinshasa que le secteur bancaire de ce pays se développe en dépit  de la faiblesse du système des crédits en faveur de la population.

Selon cet expert de la Banque Mondiale, les dépôts et les prêts bancaires ont augmenté respectivement de 11,7% et 14,4%, en 2015 contre 14,7% et  20,2% en 2014. Mais leurs niveaux respectifs de 11,2% et 6,8% du PIB en 2015 demeurent encore très faible.

Le faible niveau de crédit, a dit M. Pinto-Moreine, implique que la population ne dispose pas d’alternatives pour surmonter les contraintes financières et lisser la demande en cas de chocs négative.

La banque mondiale estime à 18 banques commerciales et près de 200 agences pour un pays qui a la superficie de l’Europe de l’Ouest. Il a laissé entendre que les services bancaires n’atteignent qu’une faible partie de la population, soit 3,4% sur une population adulte de 37,7 millions d’habitants. Le nombre de comptes bancaires est passé de 0,5 million en 2010 à 1,3 million en 2012, grâce au versement direct des salaires des fonctionnaires sur leurs comptes bancaires.

Le coût du crédit, a-t-il ajouté, demeure élevé car, se situant à 19% pour la monnaie nationale et à 14,2% en devise étrangères  à  fin 2015. Des écarts entre les taux d’intérêts pour les prêts et pour les dépôts sont importants. Ils se  situent à 15,7% en monnaie nationale. Cependant, même avec le même écart, l’expert de la banque mondiale indique que le rendement des actifs en RDC  avant l’impôt reste très faible, soit 1,7% à fin 2014 contre 1,1% à fin 2012.

Ces écarts reflètent que les charges d’exploitation et les frais de supervision bancaire équivalent à 0,6 des dépôts, ainsi que les coûts de liquidité. Prés d’un tiers des actifs est déposé auprès des banques correspondantes sans aucun rendement, a-t-il conclu.

ACP/FNG/Kayu/Kgd

 
 

 

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