
En République démocratique du Congo (RDC), les paiements en espèces restent dominants, malgré la progression du mobile money. Les solutions biométriques apparaissent comme une piste pour moderniser les usages et renforcer l’inclusion financière.
La biométrie palmaire fait son entrée sur le marché financier de la RDC avec le déploiement du terminal MainMoney, un dispositif conçu pour réduire la dépendance à l’argent liquide. Le dispositif a été officiellement lancé le mercredi 29 avril, avec l’ambition de faciliter les transactions et de renforcer l’inclusion financière dans le pays.
La solution permet d’effectuer des paiements sans carte bancaire ni téléphone mobile, grâce à une authentification biométrique basée sur la paume de la main. Elle repose sur la technologie « Palm Vein », qui analyse le réseau veineux interne de la main pour identifier chaque utilisateur. Ce système, considéré comme plus sécurisé que les empreintes digitales classiques, s’appuie sur des caractéristiques biologiques uniques et difficiles à reproduire, renforçant ainsi la fiabilité des transactions. L’utilisateur doit au préalable enregistrer ses données afin de lier son identité physique à son profil de paiement.
« Ce que nous voulons expliquer derrière le concept MainMoney c’est que votre main devient votre portefeuille. Nous avons créé MainMoney parce que nous savons qu’il y a au moins 29 millions de Congolais qui ont un compte mobile money et il y en a aussi qui ont un compte bancaire mais le cash domine toujours dans notre communauté. Nous avons voulu élargir notre inclusion financière », a déclaré Sylvain Mubenga, directeur général de MainMoney.
Le dispositif cible à la fois les particuliers et les structures professionnelles. Il est destiné aux fonctionnaires, aux étudiants ainsi qu’aux usagers des services du quotidien, notamment dans les supermarchés, les stations‑service et les établissements de santé. Pour les entreprises, la plateforme permet également de centraliser les paiements et d’améliorer la gestion des rémunérations, avec des applications possibles dans la paie basée sur les jours de travail effectif.
Dans un pays où les paiements en espèces restent largement dominants malgré la progression du mobile money, la solution entend répondre aux limites persistantes de l’inclusion financière. Elle vise à sécuriser les transactions, à réduire les risques liés à la circulation du cash et à simplifier l’accès aux services financiers numériques pour une population encore fortement dépendante des espèces.
Samira Njoya /wearetech.africa