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Soutenir l’agriculture familiale plutôt que « l’agrobusiness » : tel est le conseil donné, mardi 16 avril, à la Banque mondiale par un collectif d’associations en République démocratique du Congo (RDC), plus vaste pays d’Afrique subsaharienne au très grand potentiel agricole en jachère.

« Nous demandons à la Banque mondiale et à la Banque africaine de développement de soutenir en priorité l’agriculture familiale et le désenclavement des zones rurales », a déclaré ce collectif de quatre associations au cours d’une conférence de presse mardi à Kinshasa.

Ces associations demandent à la Banque mondiale de « tirer les leçons de la débâcle » du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, une exploitation de 75 000 hectares lancée en 2014 sous la présidence de Joseph Kabila à 220 km à l’est de la capitale. Avec l’appui d’un partenaire sud-africain, Africom Commodities, les autorités congolaises voulaient dépasser la petite agriculture de subsistance.

« Concentration de la richesse »

Le projet n’a jamais véritablement été mis en œuvre hormis l’ouverture de six points de vente à Kinshasa, mégalopole de 12 millions d’habitants. La production est au point mort. Africom réclame à la RDC le remboursement de 20 millions de dollars (17,67 millions d’euros).

« Les parcs agro-industriels ne sont pas la solution pour lutter contre la faim et la pauvreté des populations en RDC (…) La Banque mondiale doit cesser de favoriser l’accaparement des terres mais plutôt promouvoir l’agriculture familiale en RDC », a insisté Freddy Mumba Mukuba de la Confédération nationale des producteurs agricoles du Congo (Conapac).

Selon ces militants, les parcs agro-industriels privilégient la privatisation du foncier rural et « la concentration de la richesse et du pouvoir entre les mains des millionnaires étrangers et d’une élite nationale ».

La RDC dispose de 80 millions d’hectares de terres arables, dont 10 % seulement sont cultivées, d’après les statistiques.

Avec Le Monde

 

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