• Vers un audit généralisé des flux miniers en RDC
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Le 24 avril 2026, lors de la 87ᵉ réunion du Conseil des ministres, le Président Félix Tshisekedi a instruit le gouvernement de lancer, dans un délai de 30 jours, un audit exhaustif et nominatif sur le rapatriement des recettes d’exportation minières ainsi que sur la gouvernance des actifs miniers de l’État. Cette décision vise à renforcer la souveraineté économique du pays en colmatant les brèches dans la chaîne de captation des recettes, en luttant contre l’opacité, les flux illicites et les importations frauduleuses qui affaiblissent les réserves de change et les finances publiques. Le Président a souligné que « l’opacité qui prévaut freine la mobilisation maximale des recettes et compromet notre souveraineté sur nos ressources naturelles ».
 
L’audit portera notamment sur le respect par les entreprises exportatrices de l’obligation de rapatriement des devises (au moins 60 % des recettes doivent revenir en RDC), sur la gouvernance des joint-ventures minières impliquant l’État via la Gécamines, sur la gestion des actifs miniers détenus par l’État, ainsi que sur l’identification des manquements, l’évaluation des recettes non perçues et la proposition de mesures de redressement. La coordination est confiée à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, avec la participation des ministères des Finances, des Mines, du Budget, de l’Économie, du Commerce extérieur, de l’Inspection générale des finances (IGF) et de la Gécamines. Les premières conclusions sont attendues au plus tard le 15 juin 2026.
 
Cette initiative intervient dans un contexte de performances record du secteur minier : en 2024, la RDC a exporté 3 100 234 tonnes de cuivre et environ 220 000 tonnes de cobalt, tandis qu’en 2025 les exportations de cuivre ont atteint 3 403 006 tonnes. Malgré ces résultats historiques, les difficultés persistent dans la chaîne de mobilisation des recettes, du stade de l’exportation jusqu’à l’encaissement effectif par le Trésor. Le non-rapatriement d’une partie des devises et les flux de capitaux illicites via des importations frauduleuses constituent une vulnérabilité majeure. L’audit s’inscrit dans la continuité des instructions des Conseils des ministres du 19 novembre 2021 et du 30 mai 2025, et s’accompagne d’une mesure complémentaire : l’interconnexion obligatoire de toutes les administrations de la chaîne minière (OGEFREM, OCC, DGDA, BCC, banques commerciales, etc.) pour une traçabilité totale des flux.
 
Un audit réussi pourrait augmenter significativement les recettes du Trésor public, renforcer les réserves de change de la Banque centrale, améliorer la transparence et la gouvernance des partenariats publics-privés, et répondre aux critiques récurrentes sur l’opacité des contrats et la faible captation des revenus par l’État. Ce n’est pas le premier contrôle du genre, mais celui-ci est présenté comme particulièrement large, opérationnel et doté d’un calendrier serré. L’avenir et les conclusions de cet audit diront s’il marque un véritable tournant dans la gouvernance minière congolaise.
 
Pascal Kwilu

 

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