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Le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, a révélé que la première phase du projet MIFOR (Mines de Fer de la Grande Orientale) requerrait un investissement colossal de pratiquement 29 milliards de dollars américains, lors de sa participation au congrès mondial sur l’exploration et l’exploitation minière (PDAC 2026) à Toronto, au Canada, du 1ᵉʳ au 4 mars 2026.Présenté comme un corridor stratégique intégré reliant le Nord-Est au Sud-Ouest du pays, ce projet marque un tournant historique pour la RDC, qui cherche à diversifier son portefeuille minier au-delà du cuivre et du cobalt, dominants depuis plus d’un siècle.
 
Selon le ministre, cette phase initiale s’étendra sur plus de 100 ans et intègre non seulement l’extraction du minerai de fer, mais aussi la construction d’infrastructures associées (voies ferrées, routes, centrales énergétiques, unités de transformation locale), afin de créer une véritable filière industrielle nationale.Le potentiel est immense : la RDC dispose de ressources estimées entre 15 et 20 milliards de tonnes de minerai de fer (voire plus selon certaines évaluations), avec des gisements majeurs dans la Grande Orientale. Le projet MIFOR vise à structurer cette filière, attirer des investissements massifs, générer des emplois qualifiés et maximiser la valeur ajoutée locale via la transformation sur place plutôt que l’exportation brute.Louis Watum a insisté sur l’ampleur de cette ambition : « La première phase va coûter pratiquement 29 milliards de dollars et va s’étendre sur plus de 100 ans. » Il a présenté ce projet comme un pilier de la vision du président Félix Tshisekedi et de la Première ministre Judith Suminwa, aligné sur les réformes en cours pour rendre le secteur plus attractif : bonne gouvernance, transparence, stabilisation fiscale, digitalisation administrative et création de zones économiques spéciales.Malgré les défis sécuritaires persistants dans l’Est, le ministre a défendu la résilience du pays et son attractivité pour les partenaires internationaux (Glencore, CMOC, Ivanhoe Mines, etc.), tout en réaffirmant des partenariats stratégiques, notamment avec les États-Unis. Des projections évoquent un chiffre d’affaires potentiel de plusieurs centaines de milliards de dollars sur le long terme (jusqu’à 679 milliards USD sur 25 ans selon certaines estimations antérieures présentées en Conseil des ministres).
 
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de souveraineté minière, illustrée récemment par le lancement de la première raffinerie pilote d’or à Kalemie. Les observateurs saluent l’ambition, mais soulignent les défis colossaux : mobilisation des financements, sécurisation des sites, développement des infrastructures logistiques et intégration des communautés locales pour éviter les conflits. La RDC positionne ainsi le fer comme un levier majeur pour son industrialisation future.
 
Alain Lusanga

 

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