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Le groupe brassicole néerlandais Heineken a officiellement quitté la République démocratique du Congo (RDC) après avoir vendu l’intégralité de sa participation dans sa filiale historique Bralima (Brasseries, Limonaderies et Malteries S.A.). L’annonce a été faite le vendredi 10 avril 2026, marquant la fin de plusieurs décennies de présence directe et industrielle du brasseur aux Pays-Bas sur le sol congolais. Fondée en 1923 par des investisseurs belges, Bralima était détenue majoritairement par Heineken depuis 1986. L’entreprise exploitait trois brasseries principales situées à Kinshasa, Kisangani et Lubumbashi, ainsi qu’un vaste réseau de distribution à travers le pays. Elle employait environ 731 personnes et produisait des marques emblématiques très populaires en RDC, telles que Primus, Turbo King, Mutzig, Legend et bien sûr la bière Heineken elle-même. Ces bières occupaient une place importante sur le marché congolais des boissons alcoolisées. La transaction a été conclue avec ELNA Holdings Ltd, une société basée à l’île Maurice et déjà active en RDC et dans plusieurs pays africains.
 
Cette dernière reprend l’ensemble des opérations : les sites de production, le réseau de distribution, les stocks et la responsabilité vis-à-vis des employés et des parties prenantes locales. Les détails financiers de la vente n’ont pas été divulgués. Avec cet accord, ELNA Holdings assume désormais la pleine responsabilité de la continuité des activités.Malgré ce retrait opérationnel, Heineken ne disparaît pas totalement du marché congolais. Le groupe a conclu un accord de licence à long terme avec le nouvel acquéreur. Grâce à cet accord, les marques Heineken, Primus, Turbo King, Mutzig, Legend et les autres continueront d’être produites et commercialisées en RDC sans interruption. Cette formule permet à Heineken de maintenir une présence commerciale tout en allégeant considérablement son exposition aux risques industriels et sécuritaires.Cette décision s’inscrit dans un contexte particulièrement difficile pour les opérations de Bralima ces dernières années. L’instabilité sécuritaire persistante, surtout dans l’est de la RDC, a lourdement impacté les activités du brasseur. En juin 2025, des hommes armés avaient pris le contrôle de l’usine de Bukavu, entraînant des pillages importants et des perturbations majeures. Quelques mois plus tôt, en février 2025, la brasserie et les dépôts de Bukavu avaient déjà été largement pillés après le retrait des forces de sécurité congolaises.
 
Ces événements avaient contraint Heineken à évacuer son personnel restant et à perdre temporairement le contrôle de certains sites dans la région du Kivu. Face à ces risques récurrents et à un environnement opérationnel instable, le groupe a préféré céder ses actifs physiques.Au-delà du contexte local, cette cession s’aligne sur la stratégie globale EverGreen 2030 de Heineken. Le brasseur néerlandais poursuit une politique de gestion active de son portefeuille et d’optimisation de son empreinte industrielle. Il privilégie de plus en plus un modèle « asset-light » (allégement d’actifs) dans certains marchés jugés à haut risque, en passant d’une présence directe avec usines et employés à un modèle basé sur des licences de marques et des partenariats locaux. Cette approche permet de réduire les investissements lourds et les expositions aux instabilités géopolitiques tout en préservant les revenus liés aux marques.Guillaume Duverdier, président des activités de Heineken en Afrique et au Moyen-Orient, a déclaré que cette étape permet à l’activité de se poursuivre sous un modèle ancré localement, tout en garantissant que les marques restent disponibles pour les consommateurs congolais.
 
La transaction vise également à préserver les emplois et à assurer la continuité économique pour les communautés qui dépendent de Bralima.Pour le marché des boissons en RDC, ce changement représente un tournant important. Bralima était l’un des principaux acteurs du secteur brassicole depuis près d’un siècle. Son passage sous contrôle d’ELNA Holdings pourrait ouvrir une nouvelle ère, avec potentiellement une gestion plus locale, tout en maintenant la qualité et la disponibilité des produits phares.
 
Nadine Kibau

 

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