
Le Directeur général du Service géologique national du Congo (SGN-C), Raoul Wazenga Vitima, a annoncé un ambitieux programme de recherche géologique entièrement financé par le gouvernement congolais. Avec un investissement total dépassant les 199 millions de dollars américains, ces initiatives visent à renouveler la connaissance du sous-sol national et à identifier de nouveaux gisements stratégiques.
Deux projets phares portent ce programme : d’abord, l’exploration du bloc Katanga 1A, doté d’un budget de 16,152 millions USD, qui comprend des travaux de recherche géologique, de cartographie et d’identification de nouveaux potentiels miniers dans cette zone historique du Copperbelt. Ensuite, une vaste campagne de géophysique aéroportée, financée à hauteur d’environ 183 millions USD, qui couvrira une large partie du territoire, du Katanga au Kongo Central en passant par le Kasaï et le Kwango. Ces levés incluront la géophysique aéroportée, la géologie, la cartographie détaillée, la géochimie et des programmes de forages ciblés.
Face à l’épuisement progressif de plusieurs gisements historiques du Katanga, le SGN-C souhaite moderniser la base de données géoscientifiques du pays. Les principaux objectifs sont de découvrir de nouveaux gisements de cuivre, cobalt et autres métaux critiques essentiels à la transition énergétique mondiale, de renforcer l’attractivité du secteur minier pour les investisseurs privés, de créer des emplois locaux qualifiés dans les provinces concernées, et d’améliorer la souveraineté informationnelle de la RDC sur ses ressources naturelles. Raoul Wazenga Vitima a insisté sur l’urgence d’agir : « Nous devons mieux connaître notre sous-sol pour mieux le valoriser. » Le SGN-C reste ouvert à des partenariats techniques internationaux avec des institutions des États-Unis, d’Afrique du Sud, du Burundi et d’autres pays pour renforcer ses capacités.
Ces annonces s’inscrivent dans une dynamique de modernisation du secteur. Le SGN-C travaille déjà avec des acteurs comme KoBold Metals, qui utilise l’intelligence artificielle pour l’exploration du lithium et du cuivre, ainsi qu’avec Xcalibur pour des campagnes de cartographie géophysique. La création d’une Banque nationale des données géoscientifiques fait également partie des priorités. Ce programme marque une étape importante dans la volonté de Kinshasa de reprendre le contrôle des données géologiques et de diversifier les découvertes au-delà des zones traditionnellement exploitées. Des détails techniques supplémentaires seront publiés sur le site officiel du SGN-C. Le secteur minier restant le principal moteur de l’économie congolaise, ces investissements publics massifs devraient accélérer l’émergence de nouvelles opportunités et contribuer à une meilleure gouvernance des ressources.