En chargement : En RDC, Glencore sécurise l'avenir de Kamoto Copper jusqu'aux années 2040 tout en préparant un désengagement partiel - RDC finance - RDC économie: toute l'information économique de la RDC

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Catégorie : Mines

Malgré un désengagement partiel en vue, Glencore réaffirme son intention de rester actif en République Démocratique du Congo bien au-delà de 2040. Le 18 février 2026, le géant minier suisse a annoncé avoir finalisé un accord avec la Gécamines, la compagnie minière publique congolaise, lui permettant d’accéder à de nouveaux terrains autour de la mine Kamoto Copper Company (KCC), l’un de ses principaux actifs cuivre-cobalt en RDC. Glencore détient environ 70-75 % de KCC, le solde appartenant à Gécamines.Cet accord autorise l’extension des capacités de stockage des résidus et des déchets rocheux, maximise la récupération des réserves existantes (notamment dans les zones KOV et T17) et prolonge significativement la durée de vie de la mine. Alors que les permis renouvelés en 2024 expiraient initialement en 2039, les nouvelles dispositions portent désormais l’exploitation jusqu’au milieu des années 2040.
 
Mark Davis, directeur des opérations cuivre Afrique chez Glencore, a déclaré que cet accord « nous aidera à atteindre notre objectif à long terme de production de cuivre d’environ 300 000 tonnes par an et à prolonger la durée de vie de la mine KCC jusqu’au milieu des années 2040 ».Cette annonce survient dans un contexte où Glencore envisage toutefois une réduction de sa participation en RDC. Début février 2026, le groupe a signé un protocole d’accord non contraignant avec l’Orion Critical Mineral Consortium — soutenu par les États-Unis via l’International Development Finance Corporation — pour céder environ 40 % de ses intérêts dans KCC et Mutanda Mining (Mumi).
 
La valeur d’entreprise de ces actifs est estimée à près de 9 milliards de dollars (dette incluse). Glencore conserverait toutefois le contrôle opérationnel et la gestion des mines, tandis qu’Orion pourrait nommer des administrateurs non exécutifs et réorienter une partie de la production vers des acheteurs américains ou alliés, dans le cadre du partenariat stratégique USA-RDC sur les minéraux critiques.En investissant dans l’extension de KCC malgré ce désengagement partiel, Glencore confirme l’importance stratégique du cuivre congolais pour la transition énergétique mondiale. La RDC, deuxième producteur mondial de cuivre derrière le Chili et premier producteur africain, reste un acteur clé sur lequel le groupe mise à long terme, même face à la concurrence chinoise dominante dans le secteur. Cet engagement intervient également après l’échec récent de discussions de fusion avec Rio Tinto, Glencore privilégiant désormais une croissance indépendante dans le cuivre.Ce développement renforce la position de la RDC comme destination incontournable pour les investissements miniers occidentaux, tout en illustrant les tensions géopolitiques autour des minéraux critiques essentiels à la décarbonation.
Alain Lusanga