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Le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso Nkualoloki, a annoncé une mesure forte visant à rompre avec la dépendance excessive de l’économie congolaise aux devises étrangères, particulièrement au dollar américain. Cette décision, qualifiée de « coup de tonnerre » par plusieurs observateurs, marque une étape décisive dans la stratégie de réhabilitation du franc congolais (FC) et de reconquête de la souveraineté monétaire.À compter du 9 avril 2027, il sera interdit d’effectuer des transactions en espèces en monnaies étrangères (dollars, euros, etc.) sur le territoire national. Toutes les opérations en devises devront désormais transiter obligatoirement par les circuits formels : banques, cartes bancaires ou services de mobile money. Cette interdiction du dollar liquide dans les transactions courantes vise à canaliser les paiements via le système financier officiel, à réduire la dollarisation massive de l’économie (qui atteint environ 90 % des transactions internes) et à redonner confiance et utilité au franc congolais.Derrière cette orientation, André Wameso affiche une volonté claire de rupture avec une dépendance monétaire jugée excessive, tout en ménageant une période de transition. Cette mesure s’inscrit dans une politique plus large menée par le gouverneur depuis sa prise de fonction : stabilisation du franc congolais, promotion de l’épargne et de la consommation en monnaie locale, renforcement des réserves de change (notamment via l’or) et modernisation des paiements digitaux.Cette initiative intervient dans un contexte où la BCC cherche à restaurer la souveraineté monétaire, à améliorer l’efficacité de la politique monétaire et à soutenir une transformation structurelle de l’économie congolaise, en cohérence avec les réformes engagées par le gouvernement.
 
Pascal Kwilu