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Le gouvernement congolais a révélé d’importantes irrégularités dans le fichier de paie du secteur de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté (EDU-NC). Selon les chiffres officiels communiqués ce samedi 4 avril 2026, 618 agents ont perçu de manière indue la prime liée à la gratuité de l’enseignement de base. Parmi eux figurent 470 enseignants du maternel et du secondaire, ainsi que 148 agents administratifs.
 
Ces paiements illégitimes sont considérés comme une atteinte à la crédibilité du dispositif de la gratuité scolaire.Parallèlement, près de 34 000 enseignants sont sous-payés. Concrètement, 33 938 enseignants ont perçu un salaire inférieur à ce qui leur était dû pour le mois de mars 2026, tandis que 788 enseignants du primaire n’ont reçu aucun salaire pour ce même mois. Ces anomalies interviennent dans un contexte de tensions persistantes sur la trésorerie de l’État et de masse salariale publique très élevée, qui représente plus de la moitié des recettes courantes.
 
Ces révélations s’inscrivent dans le cadre de l’audit de l’état liquidatif de la paie des agents et fonctionnaires de l’État, ordonné en février 2026 par le président Félix Tshisekedi. L’objectif est de nettoyer le fichier de paie des doublons, agents fictifs et paiements irréguliers, afin de rétablir l’équité et d’assurer une meilleure soutenabilité des finances publiques. Le gouvernement promet des mesures correctives, notamment la suspension des paiements indus et l’ouverture d’enquêtes pour identifier les responsabilités.
Cette situation accentue toutefois le malaise au sein du corps enseignant, déjà confronté à des retards récurrents de salaires et à des conditions de travail difficiles.
 
Nadine Kibau