
Le Corridor de Lobito continue de prendre forme comme l’un des projets d’infrastructure les plus stratégiques pour la République démocratique du Congo, l’Angola et la Zambie. Plusieurs avancées concrètes ont été enregistrées ces dernières semaines sur le tronçon congolais, confirmant l’accélération des travaux et le déblocage de financements majeurs.
80 km Kolwezi–Dilolo : le chantier est lancé
Sur le terrain, les travaux de réhabilitation et de modernisation de la route Kolwezi–Dilolo (environ 80 km) sont désormais bien engagés. Cette section constitue la partie terminale du corridor côté RDC, reliant le cœur du bassin minier du Lualaba au poste frontalier de Dilolo (frontière avec l’Angola).
Les interventions en cours portent principalement sur :
- La réhabilitation complète de la chaussée actuelle (dégradée par des années de trafic lourd minier)
- Le renforcement de la plateforme et l’élargissement par endroits
- La construction de nouveaux ouvrages de drainage et de ponts
- L’aménagement de sections en bitume neuf pour supporter le trafic croissant
Ces travaux, réalisés par des entreprises sous contrat avec l’Office des Voiries et Drainage (OVD) et le ministère des Infrastructures et Travaux publics, visent à rendre cette portion praticable toute l’année et à réduire considérablement les temps de parcours vers le port angolais de Lobito.
500 millions $ de la Banque mondiale pour Dilolo–Tenke
Parallèlement, la Banque mondiale a officiellement confirmé l’octroi d’une enveloppe de 500 millions de dollars américains dédiée à la modernisation de la section Dilolo–Tenke (environ 180–200 km selon les tracés retenus). Cette décision, validée dans le cadre du programme Corridor de Lobito Multimodal, marque une étape décisive pour le projet.
Les fonds serviront principalement à financer :
- La réhabilitation et l’asphaltage intégral de la route Dilolo–Tenke
- La construction ou la réhabilitation de plusieurs ponts stratégiques
- L’amélioration des postes de contrôle et des aires de repos
- Des mesures d’accompagnement social et environnemental (relocalisation, compensation des populations riveraines, protection des écosystèmes)
Ce financement s’ajoute aux contributions déjà mobilisées par les États-Unis (via l’Agence pour le développement international – USAID et le DFC), la Banque africaine de développement, l’Union européenne et les partenaires privés impliqués dans la gestion ferroviaire du corridor.
Pourquoi ce corridor est stratégique pour la RDC
Le Corridor de Lobito vise à créer une alternative plus courte, plus fiable et moins coûteuse pour exporter les minerais congolais (cuivre, cobalt, lithium…) vers les marchés internationaux, en comparaison avec le corridor sud (Durban) ou le corridor central (Matadi–Kinshasa–Kindu).
Principaux avantages attendus :
- Réduction de plus de 1 000 km par rapport à Durban
- Diminution significative des coûts de transport (estimée à 30–40 %)
- Délais d’exportation raccourcis
- Désengorgement du port de Durban
- Meilleure intégration régionale (RDC–Angola–Zambie)
- Création d’emplois directs et indirects le long du corridor
Calendrier et prochaines étapes
Les autorités congolaises et leurs partenaires visent :
- La fin des travaux majeurs sur Kolwezi–Dilolo d’ici fin 2026 / mi-2027
- Le lancement effectif des travaux Dilolo–Tenke au cours du second semestre 2026
- Une mise en service progressive de l’ensemble du corridor routier d’ici 2028, en parallèle de l’amélioration de la ligne ferroviaire existante
Avec ces financements confirmés et les chantiers en cours, le Corridor de Lobito passe clairement de la phase de planification à celle de la réalisation concrète. Pour la RDC, il s’agit d’un levier essentiel pour diversifier ses routes d’exportation et maximiser la valeur ajoutée de ses ressources minières.
Nadine Kibau