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Catégorie : Asie
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Le prix du pétrole a de nouveau franchi la barre symbolique des 100 dollars le baril ce mercredi 12 mars 2026, propulsé par une nouvelle vague d'attaques maritimes dans le golfe Persique. En seulement deux jours, au moins six navires – principalement des pétroliers et des cargos commerciaux – ont été visés par des frappes, attribuées à l’Iran ou à ses proxies en représailles aux bombardements américains et israéliens en cours depuis fin février.Ces incidents, survenus autour du détroit d’Ormuz – par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial –, ont exacerbé les craintes de perturbations durables sur l’approvisionnement énergétique global.
 
Le trafic maritime reste quasi-paralysé : seuls quelques navires (souvent chinois) osent encore passer, tandis que de nombreux armateurs internationaux, dont Maersk et CMA CGM, ont suspendu leurs transits. Des milliers de marins, y compris des Français, ainsi que des passagers de croisières, se retrouvent bloqués dans la zone.Sur les marchés, le Brent (référence mondiale) a bondi de plus de 9 % pour dépasser les 100 dollars à l’ouverture, atteignant jusqu’à 101,59 dollars selon certaines cotations. Le WTI (référence américaine) s’approche des 96 dollars, marquant une progression hebdomadaire spectaculaire. Les cours avaient déjà connu des swings violents ces derniers jours : pics à plus de 115-120 dollars début mars lors des premières paniques post-blocage du détroit, puis un repli temporaire vers 80-90 dollars mi-semaine après des déclarations de Donald Trump affirmant que la guerre était « très en avance sur le calendrier » et « pratiquement terminée ». Mais ces nouvelles attaques ont relancé la flambée.Les analystes avertissent que, si les perturbations persistent, le baril pourrait se stabiliser durablement au-dessus de 100-120 dollars, provoquant un choc pétrolier mondial comparable aux crises des années 1970 ou à celle de 2022 après l’invasion de l’Ukraine. Des pays du Golfe comme l’Arabie saoudite, l’Irak, les Émirats et le Qatar ont déjà réduit ou suspendu leurs exportations. Oman a même évacué préventivement des navires de son terminal pétrolier clé hors du détroit.L’Iran intensifie sa campagne pour faire pression sur les États-Unis et Israël, menaçant explicitement de faire grimper les prix jusqu’à 200 dollars le baril si les hostilités se prolongent.
 
Des drones et missiles ont été utilisés contre des bâtiments perçus comme hostiles, causant des dommages matériels et des pertes humaines. Les États-Unis évoquent désormais une escorte militaire pour les tankers, tandis que le G7 et l’UE préparent des mesures d’urgence.Cette escalade intervient dans un contexte de guerre au Moyen-Orient toujours active, avec des frappes américano-israéliennes sur l’Iran et des ripostes iraniennes élargies aux infrastructures et au trafic maritime. Les prix à la pompe pourraient rapidement augmenter en Europe et ailleurs dans les prochains jours, accentuant les pressions inflationnistes mondiales. La situation reste extrêmement volatile, avec un risque d’aggravation si de nouvelles attaques ou ripostes interviennent.
 
Alain Lusanga