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Catégorie : Asie
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L'Iran prévoit d'imposer des droits de douane sur les pétroliers et les navires dans le golfe Persique, selon une source de CNN.Selon une source iranienne proche de la direction stratégique du pays citée par CNN le 10 mars 2026, Téhéran finalise des plans pour imposer des « security duties » (droits de sécurité ou tarifs de sécurité) sur les pétroliers et les navires commerciaux transitant dans le golfe Persique, en ciblant particulièrement ceux appartenant à des pays alliés des États-Unis.Cette mesure, rapportée par le journaliste Frederik Pleitgen de CNN, s’inscrit dans l’intensification de la guerre opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, entrée dans sa deuxième semaine. La source a insisté sur le fait que le détroit d’Ormuz reste « fermé », contredisant les déclarations du président américain Donald Trump qui affirme que le passage sera maintenu ouvert et que la marine américaine escortera les tankers si nécessaire.Les droits de sécurité envisagés viseraient les navires liés aux alliés américains, y compris potentiellement l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et plusieurs pays européens.
 
Ils constitueraient une nouvelle forme de chantage économique, s’ajoutant aux menaces militaires déjà en place : attaques contre les navires non autorisés, exemptions accordées à la Russie, à la Chine et au Pakistan, et conditions diplomatiques strictes pour les autres pays (expulsion simultanée des ambassadeurs américains et israéliens pour obtenir un transit libre).L’objectif apparent de cette mesure est double : générer des revenus supplémentaires pour l’Iran en pleine guerre et punir économiquement ses adversaires ainsi que leurs partenaires, en augmentant les coûts du commerce pétrolier mondial et en accentuant les divisions diplomatiques au sein des pays du Golfe et en Europe.Le contexte reste extrêmement tendu. Depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février 2026, qui ont entraîné la mort de l’ancien Guide suprême Ali Khamenei, le golfe Persique et le détroit d’Ormuz – par lesquels transitent environ 20 % du pétrole mondial et une part significative du gaz naturel liquéfié – sont de facto perturbés ou quasi fermés. Des milliers de tankers sont bloqués ou détournés, les prix du brut ont connu des hausses chaotiques (dépassant parfois 100 dollars le baril avant des corrections partielles), et le trafic maritime est paralysé, alimentant les craintes d’une inflation mondiale accélérée et d’une récession globale.Les Gardiens de la révolution (IRGC) ont multiplié les déclarations provocatrices ces derniers jours : affirmation qu’ils « attendent » la flotte américaine (y compris le porte-avions USS Gerald R. Ford) dans le détroit, revendication que « c’est nous qui déciderons de la fin de la guerre », menaces de ne pas autoriser « un seul litre de pétrole » vers les ennemis si les frappes persistent, et maintenant cette perspective de taxation douanière.Donald Trump a réitéré ses menaces d’une riposte « vingt fois plus dure » et annoncé des garanties d’assurance risque politique via la U.S. Development Finance Corporation, mais aucun transit significatif n’a repris à ce jour.
 
Les IRGC maintiennent une posture de contrôle total sur les équations régionales, en ligne avec la ligne dure du nouveau Guide suprême Mojtaba Khamenei.L’annonce de ces « droits de sécurité » pourrait transformer le conflit en une guerre économique prolongée, accentuant encore la pression sur les marchés énergétiques et les économies dépendantes du pétrole du Golfe. La situation demeure hautement volatile, avec un risque accru d’escalade navale directe si les États-Unis tentent d’imposer un corridor sécurisé par la force. Les évolutions se succèdent rapidement sur les déclarations officielles, les mouvements de flotte et les réactions des marchés mondiaux.
 
Patrick Kiwewa